Sur Broadway, l’ennemi juré de ‘Spider-Man’ a pour nom budget (Part I)
nov 9, 2009 U2, groupes celebres
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par John Horn
Alors que cette histoire de Spider-Man commence, son public voit la ville de New York « en flammes et en ruines » alors « qu’une partie du pont de Brooklyn s’élève avec Mary Jane liée et se balançant dangereusement dans le vide depuis ce pont. » Très bientôt, un nouvelle méchante du nom d’Arachne s’envole dans le tableau tissant son propre piège fatale alors que Spider-Man combat toutes sortes de criminels et s’élève grâce à ses filins arachnides au dessus du public.
Ca ressemble au début d’un film en 3D, suite de « Spider-Man », et même si cette histoire de super héros est pleine d’effets spéciaux à la mode hollywoodienne, il s’agit en fait d’un aperçu du script confidentiel du projet musical « Spider-Man » — l’entreprise au budget le plus exorbitant jamais vu à ce jour sur Broadway et à la production la plus agitée.
Les producteurs de théâtre sont toujours en quête du prochain musical inspiré d’un blockbuster du grand écran, et le pédigrée de « Spider-Man : Turn Off the Dark » ne saurait être plus stellaire : les trois films de Sony consacrés à Peter Parker ont rapporté près de 2.5 milliards de dollars dans le monde entier, les compositeurs de ce musical, Bono et the Edge ont vendu plus de 50 millions de disques dans notre pays en tant que U2 et la metteur en scène de « The Lion King », Julie Taymor a gagné au niveau international quelque 3.6 milliards de dollars.
Mais plutôt que de développer « Spider-Man » en succès assuré, le musical a viré au cauchemar financier. Enchevêtré dans les retards de production, les factures impayées et des rénovations coûteuses du théâtre dans lequel il se jouera et contre lesquels l’alter ego de Peter Parker lui-même devrait lutter pour s’en extirpe. Etant donné son ambition, à des années lumières de la modestie, de « réinventer Broadway », le budget de ce musical a atteint les 52 millions de dollars, prenant en compte les rénovations du théâtre, selon une personne familière de ses finances — plus du double du coût du musical de 2006, « Lord of the Rings », l’un des « musicals » le plus coûteux de tous les temps.
Comme dans toute histoire de super héros convaincant, le dernier acte de « Spider-Man » dans la vie réelle est un « cliffhanger » (NDLT : ménage le suspens).
Malgré tout le talent misé sur lui, nous sommes encore loin de savoir quand — ou même si — ce musical élaboré ouvrira après six ans d’élaboration, puisqu’il lutte encore pour trouver un soutien financier pour pallier le déficit du budget initial. Si le spectacle n’ouvre pas pour la fin du mois d’avril, non seulement il ne pourra pas concourir pour les Tony Awards mais il devra également faire face à l’expiration des droits accordés par Marvel Entertainment, dont la division comic-book a créé le super héros en 1962. Bono et Edge semblent perplexes face à l’odyssée que vit ce spectacle. « Mais qui s’en soucie ? », déclare Bono. « Les visuels et la musique sont incroyables et c’est ce qui importera. »
Bien que de nombreux facteurs aient contribué à ralentir ce show, le musical a déraillé en raison de l’une des mises en scène les plus compliquée qu’ait jamais vu Broadway : les créateurs du spectacle ont tenté de dupliquer les manœuvres du super héros se balançant d’un gratte ciel à l’autre, à l’intérieur de la salle.
Trois personnes proches de la production affirment qu’il faut au moins 24 millions de dollars supplémentaires pour couvrir le budget proposé à savoir près de 52 millions de dollars — 42 millions de dollars pour le show, 6 millions de dollars pour les rénovations du théâtre et quatre autres pour la restauration de ce même théâtre. En même temps, les coûts fixes de gestion hebdomadaire de « Spider-Man » totalisent près du million de dollars — des centaines de milliers de dollars de plus que certains des spectacles les plus élaborés tels que « Mary Poppins » ou « West Side Story » que coûtent leur mise en scène chaque semaine. Une partie des dépenses de « Spider-Man » va à ses effets aériens et spéciaux : plus de 40 mains sont nécessaires pour faire fonctionner le rail en coulisses, souligne une personne qui a vu le budget du show.
Ces dépenses signifient que « Spider-Man » devra se jouer à guichets fermés à chacune de ses représentations pendant au moins quatre ans (un exploit que seule une poignée de spectacles a réussi à ce jour) simplement pour rentrer dans ses fonds.
Ce show a ses croyants dévoués, emmenés par l’avocat de Chicago David Garfinkle, qui s’est impliqué dans ce projet dès le départ. Il est facile de comprendre son enthousiasme : une lecture du script du musical — accompagnée d’une heure d’écoute de la musique non sortie de Bono et de the Edge et la critique d’un DVD avaient été envoyés aux investisseurs potentiels de Taymor — révèlent pourquoi tant de personnes ont travaillé aussi longtemps pour voir ce show se monter.
Dure toile à tisser
Dès la toute première page du script de « Spider-Man », il est évident que ce n’est pas le genre de musical à monter dans un théâtre « classique » — en comparaison, le lustre qui s’écrase dans « Le fantôme de l’opéra » ressemble à une brise estivale.
Tout au long du script — crédité par Taymor et le dramaturge Glen Berger, tamponné « Confidentiel » sur la couverture et daté de l’été dernier — les metteurs en scène veulent des scènes d’action qui a première vue semblent impossible à réaliser, sans compter le transfert vers un autre théâtre pour une possible tournée de productions.
La scène d’ouverture avec le pont de Brooklyn est suivie de près par l’arrivée d’une toile géante tissée par Arachne, une tentatrice, invention centrale de ce musical. « Un métier à tisser gigantesque est dévoilé — sept acteurs se balancent sur des filins en soie pour former une tapisserie », peut-on lire. A un autre moment, Spider-Man est tellement occupé à lutter contre les voleurs et autres agresseurs qu’il se multiplie en cinq super héros combattant le crime. L’une des araignées dupliquée se balance au-dessus du public et atterrit sur le balcon.
En comparaison à toute cette pyrotechnique théâtrale, le noyau dur de l’histoire de ce musical est démodé, il suit la trame basique du premier film consacré à « Spider-Man » en y ajoutant de nouveaux personnages et un passé.
(à suivre)
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