La tournée en stade à 360° de U2 bat tous les records d’affluence (Part I)
oct 8, 2009 U2, groupes celebres
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U2 : Larry Mullen Jr., Bono, Adam Clayton et Edge attaquent leur quatrième décennie ensemble. Selon Edge : « Il est importent que nous nous défions au niveau de la créativité. Nous nous le devons mais également à nos fans afin de toujours conquérir de nouveaux territoires » (Photo Evan Agostini, AP)
par Edna Gundersen
Nul besoin de calculette pour résoudre l’équation U2 x 360 = XXL. Massive tel est le mot qui décrit le mieux presque tous les aspects de la tournée révolutionnaire de U2 à 360°, un poids lourd futuriste qui défie la récession alors qu’il écrase tous les records d’affluence, réécrit le mode d’emploi du concert en stade et place le quartet irlandais en orbite toujours plus haut.
L’imposante pièce maîtresse, sorte d’OVNI à quatre pattes ancré à un pylône luisant de 164 pieds et à un écran LED gigantesque cylindrique, surplombe une scène tentaculaire aux passerelles qui glissent autour de podiums annelés. Les hymnes ascendants de U2 s’avèrent tout aussi immenses martelant via un sound système du dernier cri suspendu suffisamment haut pour permettre une vision dégagée de tous côtés à tous.
« Ca choque un petit peu de se rendre à son travail pour trouver 80.000 personnes sur le sol de la boutique », affirme Bono, 49 ans, chanteur leader de la formation rock irlandaise, alors qu’il s’esquive escorté par la police jusqu’à son hôtel à la fin du premier des deux cocnerts joués à guichets fermés au Soldier Field. « La magie c’est que le vaisseau spatial disparaisse. Les gens sont plus grands et l’endroit se rétrécit. Il n’y a pas un grand thème qui surplombe, mais il y a un sens de location, qui fait que vous vous sentez un point minuscule dans le cosmos. Au fait, c’est intime. Le spectacle vous fait traverser tous ces mondes différents et l’ambiance balance. Catharsis est le mot snob, je pense. »
Ka-ching est celui qui vient immédiatement après. La tournée, la première de U2 en stades aux Etats Unis depuis PopMart en 1997-1998, devrait amasser plus de 112 millions de dollars issus de ses 1,2 million de billets vendus pour les vingt concerts de la tournée en cours en Amérique du nord après avoir amassé quelque 187 millions de dollars pour ses 1.8 million de places vendues pour 24 concerts en Europe, selon Billboard. Elle devrait commencer à générer un bénéfice à la fin de cette partie le 28 octobre à Vancouver. La première tournée du groupe sous contrat pour douze ans avec le promoteur de concerts Live Nation reprendra le 30 mai 2010 à Mexico City et de nouvelles dates américaines suivront en juin et juillet.
« Lors du premier concert à Barcelone (30 juin), nous avons compris que ça marchait incroyablement bien », d’expliquer Edge, 48 ans, guitariste du groupe, le lendemain, en route pour le stade, après avoir passé 20 minutes avec Bono à signer des autographes face à une véritable marée de fans campant devant l’hôtel. « Par un soir favorable, la production, les chansons, le public, les vidéos, l’architecture deviennent cette étonnante manifestation. Souvent dans ces grands stades, on se demande : ‘Pourquoi suis-je là ? Je pourrais être à la maison à écouter le CD.’ Ce spectacle donne un sens au jeu en stade. »
Cela n’a de sens que pour U2, un groupe avec une base de fans, le budget et le pouvoir musical adéquat pour le mettre en place.
Cette tournée à la configuration circulaire booste la capacité d’environ 20 %, permettant au groupe de battre tous les records d’affluence dans chacune des venues visitées par la tournée. Le 24 septembre, U2 a entassé 84.472 âmes dans le Giants Stadium, le plus important public qu’ait jamais connu cette venue, éclipsant les 82.948 présents attirés par la venue du Pape Jean Paul II en 1995.
Chacune des trois structures griffues qui bondit tout au long de l’itinéraire de cette tournée requiert 37 camions et coûte jusqu’à 40 millions de dollars. Cette équipée nécessite une flotte de 200 camions, une équipe technique de 400 personnes au coût exorbitant quotidien de 750.000 dollars (environ 510.000 euros).
Bien que le dernier album du groupe No Line on the Horizon ait démarré en douceur, s’approchant du million d’exemplaires depuis sa sortie en mars, la réponse frénétique à sept de ses titres figurant sur la setliste de la tournée à 360° génère un boost dans les charts. Le groupe a vendu 34 millions d’albums et 11.2 millions de chansons numériques depuis 1991, selon Nielsen SoundScan.
Monopole
Peut-être qu’en tant qu’unique artiste chevauchant des pistes parallèles celle de l’urgence artistique sans peur et celle de la portée agressive du courant principal, U2 pourrait bien enflammer la piste du groupe unique alors qu’il entre dans sa 4e décade. Lorsque le plus grand groupe au monde met en scène le plus grand spectacle de tous les temps, la question s’élève : qui suivra ? Il n’y a aucun signe d’héritier apparent à l’horizon de U2.
Bruce Springsteen, Bon Jovi, Kenny Chesney et les alter egos Elton John/Billy Joel peuvent remplir les stades sur certains marchés, mais seuls les Rolling Stones, plus vieux d’une génération, partagent la demande internationale de U2 et son ambition en matière de tournée, affirme Ray Waddell, chroniqueur de tournée pour Billboard.
« U2 joue à guichets fermés dans les stades du monde entier et bat tous les records d’affluence par la même occasion. Un grand nombre de groupes qui ont duré aussi longtemps ont atteint le sommet de la croissance commerciale (NDLT : pic puis stagnation ou chute) mais ce n’est certainement pas le cas de U2. Qu’il soit parvenu ou non à la grandeur de ses albums passés avec No Line reste au cœur du débat, mais il est indéniable qu’il s’y emploie. Nous n’avons jamais été en présence d’un groupe qui se contente du status quo.
« Pour ce qui est de son successeur, dans l’immédiat on ne peut que supposer. Nombreux sont ceux de cette industrie qui penchent pour Coldplay ou Kings of Leon. D’autres pensent que la période des artistes jouant au niveau « stade » est révolue. Y parvenir est suffisamment difficile ; s’y maintenir l’est encore bien plus. »
Adam Clayton, 49 ans, bassiste de U2 partage ce scepticisme.
« Tout est tellement fragmenté », dit-il depuis sa suite donnant sur la ligne des toits de Chicago. « Il se pourrait bien qu’il existe un phénomène pop de l’année en mesure de remplir un stade, mais en termes de personnes qui se construisent une solide carrière, je ne sais pas. »
(à suivre)
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