International Demenagment: J-12, J-11
sept 15, 2009 buzz
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Disclaimer ! A lire… cliquez-y dessus!
Addendum: En plus du reste, cet épisode est un tantinet longué n’en déplaise à notre prez favoris. C’est juste au cas ou il aurait un long trajet en Merco à faire histoire de passer le temps… on l’excusera.
Oui… et non en fait. C’est pas que je ne sois pas bon avec les chiffres. OK, peut être un peu. C’est aussi le stress qui augmente. J -?… La réalité vraie c’est que les déménageurs passent vendredi. Gloups donc et pas de ceux que je fais en descendant les bouteilles au gosier par nécessité de triage+. Gloups de sueurs froides d’un deux pièces en bouleversement chaotique ou cartonneux, mais depuis deux ou trois jours les coïncidences m’ont montre que c’est du presque pareil au même.
J-2 pour les déménageurs… J-11 pour l’avion et le déménagement plus personnel.
Semaine chargée donc. Avant hier j’ai bu. Aujourd’hui je bois. Demain je penserai a autre chose, si j’arrive encore à penser droit.
Avant hier aussi, il y a un pas gentil monsieur qui est venu faire une visite d’inspection histoire de constater les dégâts, d’être pas super amiable et de faire son presse (je n’aime pas faire du business presse) et être généralement casse couille. Il devait venir de 8h30 a 9h. 9h30 personne. Alors bon… on pourrait se dire que ce n’est pas grave. J’ai pas grand chose d’autre à faire dans la vie entre 8h et 10h du mat: si si c’est pas ironique vu que je ne travaille pas. Le problème, c’est la coïncidence et la planification malencontreuse de sa venue. Parce que mine de rien, pour vides de projets sérieux, mes matins restent nécessairement soumis a des contraintes de planification sévères. J’explique…
En fait pour le petit dej, depuis presque un an, depuis notre arrivée a Washington DC, je mange des oatmeals avec un fruit dedans. Même que ca réduit le cholestérol, dixit la pub. Or comme je n’en avais pas à la base je dois avoir un cholestérol négatif… Non ?
Bref… donc je mange des oatmeals. » Mais froides, les oatmeals!» comme dirait Coluche, un grand monsieur que la plupart de moins de 18 ans n’auront jamais apprécié e par flemme de mettre une cassette dans un lecteur, par connivence des télés françaises a ne pas passer ces trésors de moments de rire et a cause d’un camion. Mais passons.
Donc oatmeals froides. Avec du lait. Froid aussi… (laissez trainer sur le "froid" et rapide sur le aussi… rahh qu’il était bien cet homme). Et un fruit. En général c’est une banane parce que la banane c’est facile a préparer avec des oatmeals. Mais parfois c’est une pomme. Les jours fastes ca peut aller jusqu’à la baie ou le fruit des bois (sauf que j’ai jamais rencontré une framboise ou une mure en foret alors que ce sont bien mures et framboises qui atterrissent dans mon bol… again passons).
Donc je mets le tout dans un bol et paf… au frigo… histoire que tout soit bien froid quand je le mange. Et on voit bien la mon esprit de contradiction parce que normalement, la oatmeal, elle se consomme chaude. Or donc si vous connaissez un peu la oatmeal… d’ailleurs j’aurai pu dire flocon d’avoine depuis le début mais j’ai zappe la traduction au départ alors pour le coup je reste » oatmeal» histoire de faire semblant de rester cohérent… Je me permet hein, pour mes derniers jours aux states… Parce qu’après ca sera rhalib et hubub++ … je m’égare et je ne sais plus de quoi je parlais… Ah si, je disais… Si vous connaissez la oatmeal vous savez que son pouvoir d’absorption de lait est lent et pas qu’a cause de la belle allitération. C’est aussi pour ca qu’ils ont sorti la oatmeal a cuisson rapide. Ici ca marche pas vu que je la baffre froide (et pof une autre allitération). On ne pourra pas arrêter le progrès ni le capitalisme et parfois je me demande si c’est pas dommage. Bref… je coule donc mon lait sur mes oatmeals et la j’attends.
L’idée, bien sur, c’est que le lait imbibant la oatmeal un brin, celle-ci se ramollisse. Pas que j’ai la dent fragile… mais je préfère les textures qui se contredisent: tendresse de la oatmeal vs. crunch du fruit (sauf la banane qui a tendance a ne pas trop cruncher par esprit de contradiction elle aussi: indeed, la babananest moi, on est pote). Contradiction des textures et contradictions des températures puisque mon lait-oatmeal-fruit froid fade est souvent accompagné d’une tartine toastée couverte de confiture de fraises sucrées. Tout ca pour dire que, quand même, a ce moment de la préparation et le ‘tit dej prêt dans le frigo, j’ai l’envie de manger tout ca tout de suite qui frappe a la porte. Surtout que je suis ventresquement vide depuis mon levé 2h avant. Mais, j’attendais l’autre, le fumeux mec qui vient (ou pas, a l’époque j’en savais rien) faire l’inspection pour le déménagement. Et j’attends. 9h40+++. 9h50. Et puis a un moment j’ai trop faim alors je sors mon breuvage/mélange du frigo, prépare mes ustensiles et commence a manger. Première bouchée. Et paf… rien. Mais a la deuxième, il appelle pour me dire qu’il est en bas.
Alors déjà, le coup du ‘tit dej. Mais je suis bonne âme (si si) et j’excuse. Par contre le reste…
Le mec. Sale tête sans sourire. Avachi. Pas vraiment de dress code… pas vraiment business… pas vraiment relax… Avachi en fait. Pas de sourire. Ah? Je l’avais déjà dit? L’air milieu guerre, quand on ne sait pas trop comment ca va finir et qu’on attend la prochaine bombe avec un sentiment a cheval entre l’impatience et l’appréhension. Avachi surtout. Et de la bouche aussi. Bref… j’aime pas ca. Même qu’il a limite l’air et la manière fourbe. Presque chafouine… mais il est avachi… s’il n’était pas avachi il pourrait être chafouin. Mais la non… vu qu’il est avachi.
Le tout prend 10min histoire de lui pointer de loin ce qui part avec nous dans l’avion, ce qui part par la mer et ce qui reste au port. Et déjà ses questions me stressent. Parce qu’en fait la plupart des bibelots ont plus a Bou* qu’a moi. Et je ne sais plus trop ce qu’on a décidé pour le reste. Le meuble télé? On le garde déjà ou pas? » And the T.V.?» Mais il est gentil lui et il va se calmer? Oui parce que c’est pas une télé, c’est un écran d’ordi en fait… A presque rire, parce que je pense nostalgiquement un notre écran plat qui est en garde-meuble depuis 1 an et qui n’attend que nous pour le regarder… C’est pour ca qu’au final, je n’ai pas ri. Et aussi parce qu’il est avachi. Bref… stress qui monte au fur et a mesure que ces questions trouvent moins que plus de réponses et que j’essaie de faire appel a ma logique qui échoue. Ca me stresse encore plus ca parce que je sais que la logique de Bou est différente de la mienne et qu’on en a peut être déjà parle et que je devrais me souvenir mais la je ne me souviens pas. Stress donc. Sur un plateau en argent. A chaque recoin de ses questions, c’est a mon tour de m’avachir.
Aussi… le gas stressant devait apporter des boites… Il ne l’a pas fait. Pas grave en soit. Tout le monde peut oublier. Mais la façon hautaine dont il me répond par la négative, genre:
"Moi, je suis en charge des inspections et je suis bien trop haut place pour m’emmerder a t’apporter des cartons, petit con (et pas que pour rime)»
Et lorsqu’il saupoudre le tout d’un soupçon sourcillant a la Steven Seagle(donc intangible) que je decode en:
"Et en plus je m’en tape…"
J’ai bien failli transformer le stress en un chouillat d’agression…
Le pire ca a quand même été l’embrouille au niveau de l’utilisation de l’ascenseur. Si si… j’explique a nouveau et au risque de paraitre pingre… Dans notre résidence lorsqu’on déménage on est censé réserver un ascenseur. Pourquoi? J’en sais rien… sérieux. C’est pas comme si on n’avait qu’un seul ascenseur. Il y en a 4. Et c’est pas comme si on allait le monopoliser pendant 8h. On n’a pas tant de chose que ca. Bref… Moi de lui poser la question. Pourquoi voulez-vous un ascenseur? Et lui de me dire… "Ben… c’est au 4eme. Il faut un ascenseur." Et la encore un coup d’urticaire au niveau du bout du bras (urticaire qui se soigne super bien par un massage facial… de préférence pas votre visage a vous). Put#$%… mais t’es un agence de flemmasses ou tu fais dans le déménagement? Tu vas pas me dire que les gagios que tu vas recruter dans la rue pour venir me vider la turne tu vas les prendre malingres non plus? Et on n’emménage pas: on déménage. Ca veut dire qu’on descend. Gravité tu connais? Pour le coup c’est bien ton amie… grave le mec. Et donc pourquoi le tilt. Parce que réserver l’ascenseur c’est 200 billets verts et perso je comprends pas pourquoi on devrait se taper 200 dollars de "réservation d’ascenseur" alors que les emménageurs n’en ont pas eu besoin. Bref… D’ailleurs pour les 3 cartons qu’on a je peux les descendre par l’escalier si c’est que ca.
Bref… retard du gas. Pas de cartons. Embrouille de l’ascenseur. Pas une journée qui démarre bien.
Et moi super super stressé. J’ai pas l’air comme ca mais j’ai tendance être pas copain avec le stress. Ca me déprime. Ca me désoriente. Ca m’inhibe. Ca me bloque du neurone (argh j’ai encore faillit partir pour "de la"). Limite ca m’avachit (en poussant un peu).
Donc lorsque je me retrouve seul dans l’appart je fais le poisson rouge. Je tourne en rond et je me cogne a la réalité du désordre comme a une parois de verre. Et en bon poisson rouge que je deviens, je ne comprends pas que c’est une parois de verre et je continue. Je vois le monde tel qu’il semble être a travers mon stress: 3 tonnes de bordel qu’on n’arrivera jamais a trier et classer en trois paquets distincts, un de 250kg qui part avec nous dans l’avion. Un de 300kg qui mettra les voiles. Un de, peut être 300kg, qui restera ici. Et un (le plus gros des 3) qui part a la poubelle ou en donation ou qui se fait ingurgiter dans les 11 jours qui restent. Et oui je suis pas fort avec les chiffres. J’avais prévenu.
Heureusement que j’ai une petite voix dans la tête pour me gueuler:"He blaireau… ton oatmeal dois être tout fondu pour le coup!". C’est donc comme cela que j’ai reconnecté avec la réalité. Sauf que… vu que c’était une journée de mer… merveilleuses déconvenues, a la 2eme bouchée, coup de téléphone a nouveau, d’une cops qui décommande son invitation du lundi prochain. Car vu qu’a partir de samedi, la maison sera vide, on a décidé d’être super social et de se faire inviter a droite et a gauche histoire de pas avoir cuisiner le rôti au couteau plastique et au tuperware. Bref, deux minutes de pourparlers téléphoniques et plan presque autant en vrac que l’appart. Au lieu d’un vrai diner, on se voit invites pour le dessert… » La vie est noise!» , comme disait Éloïse.
Bon an mal an, j’ai quand même réussi apres 3h a me sortir de mon état d’amorphisme pour aller courir un petit 10km histoire de remettre mes hormones a niveau et ma balance chimique a plat. C’est vrai. Le sport quand on peut, c’est vraiment le meilleur moyen contre les problèmes de ce genre. Surtout le stress. Et surtout pour moi.
Ensuite je me suis pris par la main et j’ai décidé d’aller chercher les cartons moi même. » Dieu t’aidera et je sais plus quoi!» disait l’Abée Pierrot. Les cartons sont a l’autre bout de la ville (un peu comme si vous habitiez a la Defence et que vous deviez aller chercher 10kg de boite en cartons a métro vers Porte de Clichy). Et c’est l’été (ah bon?). Et l’entreprise de déménagement est a 15min du métro le plus proche a patte. Et le bitume est bien chaud et savoureux vers 15h de l’aprem lorsque le soleil a essaye de l’emballer depuis 6h du matin. Mais Dieu est avec vous, mon fils.
Station d’arrivée, "U street/African-American Civil War Memorial/Cardozo Metro Station". Sans blague. Autant Porte de Clichy on ne sait pas trop ou on va atterir mais pour le coup… encore un exemple intéressant de la vision de l’intégration des minorités aux US. Mauvaise langue? Peut être… mais pourquoi la station au nom la plus longue pour les blacks. Je fais une pause culture pour préciser que Francis Lewis Cardozo c’était un black très cool sinon c’est pas forcement très clair. Donc, hein? Pourquoi? Non mais… Pourquoi ne pas dédier une station pour Cardozo et une station pour le mémorial. Et qu’est-ce qu’on s’en fout de U-street. Elle a pas sauve l’Amérique, U-street, que je sache. Mais je m’emporte. C’est la chaleur et le stress. Et les nerfs, comme disait quelqu’un.
U-street. Un quartier plutôt black donc. Awe to the some to the bizi! Ambiance géniale. Merci l’Abée! Ca m’a totalement rappeler "The Willow Tree" et même si le livre de Selby se passe a NYC, je me suis senti mieux. Genre on s’en fout de suer comme un porc dans des odeurs de pot d’échappement. Simplicité et bonheur de voir de la vraie vie (dure et crue), de se dire que la (ma) réalité est tellement plus objectivement in jugeable (quequidi?) que se plaindre n’a pas de sens. Je me dois de ne pas me prendre la tête pour ce déménagement de merde. Cool man! That’s right… you’ve got it now! Ah ah… et donc 15mn a pied a jouer a cache-cache parmi les ombres, a apprécier la faune locale et les beautés sauvages… Sérieux… Je comprends pas comment on peut apprécier des ongles aussi long… tt tt… j’veux pas savoir en fait…
Arrive a l’entrepôt que des blacks aussi. Paradis sur terre! Non parce qu’avec Mister Blok et Duku de ce matin et le nom de la boite je m’attendais a autre chose. Et j’ai eu le contraire. Ahhh préjugés! Quand vous nous tenez par les bu… sentiments! Chaleur humaine donc. Appréciation de ce que tu fais pour moi. Appréciation de qui tu es. Yeah man! Have a good one! Take care. Le pied.
Un peu moins le pied, le rentrage avec les boites sur le dos toujours en plein soleil. Pas qu’en un allé, je sois devenu conscient de mes auréoles (de sueur sous les bras) au point de me reprendre la tête pour des problèmes de transpirations… c’est juste que je veux pas non plus mouille le carton. Ca fait mauvais genre.
Enfin arrive a la station. Et la plus grand chose d’intéressant jusqu’à l’appart. Ou presque. J’ai eu mes trains l’un après l’autre: merci Pierrot. J’aurai pu te bruler un truc mais, pour remercier la Vie, j’ai cédé mon siège a cette fille doucement en pleur qui avançait précédée de sa peine. Et comme ca suffisait comme BA pour 2009, je ne me suis pas levé pour l’autre qui semblait d’ailleurs faussement enceinte (voir l’article de Es sur le commentaire d’un certain americain en France) et qui n’était même pas aussi jolie que celle qui pleurait… oui je sais je sais… double standard… mais faut pas pousser non plus.
Bref… ca c’était J-12. A J-11, j’ai re-stresse un peu et au lieu de faire dans le carton j’ai fait dans le jeux vidéo. La il est 22H10. J’ai l’œil qui commence a regarder vers le lit et j’ai encore bien plein de trucs a faire genre corriger les accents qui je ne tape pas depuis mon clavier QWERTY… Vous m’en voudrez pas trop d’accord? Je vais arrêté la en fait… Et puis demain c’est journée cuisine et j’ai besoin de toute mes forces.
Ah… et au final j’ai bien fini mon bol de flocon d’avoine et même que c’était très bon. Même si vous vous en moquez éperdument bande de petits chenapan(quequidi? Rahh il est fatigué… laissez le tranquille).
La nuit. La bonne. Et l’une avec l’autre si vous êtes riche!
Alexis
+: voir épisodes précédents.
++: respectivement lait et céréale en arabe moderne et standard, translittération totalement approximative qui peut faire mieux n’a qu’a.
+++: le lecteur brillant notera la vitesse a laquelle j’emballe, pèse et refrigiderisse ma oatmeal… 12 mois d’entrainement intensif ca vous transforme un homme comme disait Papin.
*: Bou, c’est ma douce et tendre. Zavez qu’a lire le Disclaimer ?

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