Des clips et des flops : Thriller
sept 7, 2009 buzz
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Les enfants vous pouvez sortir à présent…en dehors de cette blague douteuse, le King of the Pop, Michael Jackson reste un putain de génie, en dehors du croquemitaine pour moins de 8 ans, une idole. On le croyait éternel, et boum ! La mort en été comme Elvis. J’avais 5 ans et je me rappelle d’un retour des Baléares, je n’étais qu’une frêle enfant blonde comme les blés que certains mâles allemands de l’île déjà colonisée, nan j’ai pas dit Anschluss, me lorgnaient d’un œil torve, en buvant leur Weissbier d’importation, quand à Orly Sud, à la une du Parisien s’affichait, The King est mort. Heureusement pour les journalistes, l’été est propice aux morts, et ce pauvre Willy DeVille en a aussi fait les frais, mais personne n’en a rien à foutre de ce pauvre gringo.
Génie total, complètement dérangé par son père et les pontes de la Motown qui trouvera du réconfort auprès de Quincy Jones, l’inventeur du son Jackson, le premier à comprendre l’intérêt d’une prod low-fi à destination des walkmans et autres radiocassettes de merde des ados boutonneux du monde entier.
Si après, c’est la grosse déglingue, « Of the wall » et « Thriller » restent deux albums somptueux de pop black, grosse artillerie, pas de fausse modestie, on essaye de niquer les Beatles pas Marvin ni Otis. Et puis, les clips et surtout le clip ! Dans une funèbre prémonition, Michael est déjà un zombie. Ce vidéo-clip n’est pas le premier, mais il annonce la prédominance de l’image et la toute puissance de MTV, le M6 français. Tout adolescent né dans les années 70 a vu ce clip aux Enfants du Rock, attendant fébrilement 22h30 pour flipper sa race et faire des putains de cauchemars.
Raduyan Maragtarahsahjanstan n’est pas devant sa télé au soir de 1983 car il n’a pas la télé. Dans ce bidonville des environs de Bombay, il en est encore à chercher dans les détritus sa maigre pitance, en se battant avec les rats du quartier et éviter choléra et autres turpitudes. Parvenu non sans mal à l’age de 16 ans, il se découvre une vocation de chanteur et tout le quartier apprécie son joli filet de voix ainsi que sa classe naturelle. Il est de toutes les séances de cinéma au Roxy et mime à la perfection les chanteurs faisant la joie de ses potes et des rats.
Seulement être acteur est un peu juste pour cet adolescent dévoré d’ambition, surtout il n’a aucune chance de percer en restant dans le bidonville. Un jour passant devant l’échoppe vidéo de Foyandtruya Hantrajstaji il voit cet étrange clip. Raduyan redemande 15 fois à Foyandtruya de revoir ce drôle de chanteur dansant autour de morts-vivants. Sa décision est prise il sera la version indienne de ce bonhomme tout rouge. Avec ses maigres économies, Raduyan décide de partir à la capitale. Sa famille l’aide un peu en lui donnant un sac de lentilles et les potes rien, les adieux sont émouvants, même les rats écrasent une larme.
L’arrivée à Bombay est rude, notre pauvre Raduyan dort dans la rue, mange une lentille par jour et s’en va chaque matin de casting en casting harceler les maisons de production. L’une d’elles nommé New Volga Videos est tenue par les frères Tuvabjuetstnyuus. La production est célèbre pour ses pubs contre les poux et ses clips cheap de chez cheap. En voyant arriver Raduyan, les frères Tuvabjuetstnyuus sont dubitatifs, encore un paysan venant chercher la gloire, pensent-ils. Or c’est le coup de foudre devant le talent de Raduyan. Les frères Tuvabjuetstnyuus sont encore plus sous le charme quand notre aspirant star leur dévoile son projet de remake. Banco ! Le contrat est signé laissant 0,5 pour cent à Raduyan Celui-ci est fou de joie, il entrevoit la gloire et les petites pépées. Les frères Tuvabjuetstnyuus mettent le paquet, font confectionner le joli costume en skaï rouge par le meilleur tailleur de la ville, engagent une starlette prometteuse, louent les studios et font appel au grand compositeur, Tupak Tchuminquanettt, sorte de Didier Barbelivien indien (pour la rime), transformant la chanson « Thriller » en « Golimar ».
Tout est fin prêt, le tournage va durer deux jours et Raduyan est à fond, il a mangé tout son sac de lentilles et c’est sa dernière chance, il veut revenir dans son quartier telle une star. Raduyan se déchaîne et livre sa meilleure prestation. Le clip est bientôt terminé mais les frères Tuvabjuetstnyuus veulent un plan de plus avec Raduyan en Zombie avec les yeux verts et beaucoup de fumée, le fameux plan de coupe. Hélas Gurum Tvgiegdhhrhrun l’assistant effets spéciaux se trompe de produit et au lieu de balancer de la fumée inoffensive, c’est un mélange de gélatine hyper-fixante et de colle liquide que notre pauvre Raduyan se prend sur la gueule et les habits.
La médecine ne put rien pour Raduyan , qui, la mort dans l’âme reparti dans son quartier avec sa pauvre tête à tout jamais transformée et avec le costume ridicule collé de manière définitive à la peau. Sa famille l’a banni, ses potes ont trop peur et même les rats fuient à son passage. Il erre ainsi dans l’immense dépotoir à ciel ouvert de son enfance et ne sort jamais la nuit de peur de se faire tirer dessus.
Le clip n’eut aucun succès sauf sur Internet, New Volga Videos fit faillite, les frères Tuvabjuetstnyuus durent se résoudre à l’exil…le compositeur aussi.

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