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Broken Idols : Chuck vs Keith


 

Ne jamais rencontrer ses idoles, c’est toujours une déception. J’ai passé une soirée avec Casimir un soir de grande déglingue et c’était pas beau à voir, l’orange était hyper défait, gueulait sur tout le monde traitant Léonard d’enculé et Julie de grosse salope, la soirée s’est terminée dans une célèbre boite échangiste de Paris où pour quelques francs notre monstre préféré exhibait son Gloubiboulga à des femmes d’entrepreneurs de la région de Nevers. Triste, triste destinée et fracassage de souvenirs d’enfance en règle.

C’est ce sentiment qu’a du éprouvé notre Keith Richards adoré en essayant de venir en aide à sa propre idole, besoin de rendre à Pompée ce qui est à César, une dette à honorer et voilà que le Keith se met dans une belle panade. Il est vrai que sans ces pionniers que sont, Chuck Berry, Carl Perkins (mes chaussure en daim bleu), Jerry Lee Lewis, point de Beatles de Stones de Who  de Led Zep et de veuillez compléter. Les musiciens anglais ayant pillé ces braves ancêtres, la moindre des choses est de leur rendre hommage sous forme de collaborations et de dollars. Keith lui a choisi le plus méchant, le plus dingue, le plus over de tous : Monsieur Chuck Berry, l’un des inventeurs du Rock an’ Roll, immense bonhomme qui a eu dans cette Amérique merdique des années 50 le tort de naître noir et donc de connaître la prison, l’opprobre etc… Keith veut lui rendre justice et a l’idée de produire un documentaire sur le monsieur avec des participants célèbres. Mal lui en a pris.

Keith sort du taxi sur le coup des 9 heures du matin, il a fait une petite sieste dans le taxi, vu qu’il est sorti directement du Yukunkun pour se rendre au studio ou l’attend Chuck. Sauf que le Chuck s’est levé à 7 heures, fait son jogging, pendant que le Keith essayait de sniffer sa 67ème lignes de coke avec un rouleau de Sopalin, et pris un solide déjeuner avec un T-bone et un thé très fort. Keith a du manger une cacahouète dans la soirée mais c’est pas sûr…Donc évidemment quand le Keith se pointe avec une demi-heure de retard, le Chuck est devant la porte avec un regard de fou.

« You fuckin’late bastard »

Le Keith essaye de la jouer cool, veut prendre un petit café/Bourbon mais le Chuck ne l’entend pas de cette oreille.

« Let’s fuckin’ play bastard »

Keith pense à Mick en train de se la couler douce dans les Caraïbes avec des mannequins à peine majeures au lieu de ça, ses vacances à lui c’est de se rendre dans un studio pourri de Nashville avec le plus grand psychopathe/guitariste du siècle. Keith ose pas réclamer et bon ok, jouons du Rock à 10h du mat…..

Chuck a choisit "Carol" un standard que Keith connaît par-cœur, il a commencé comme cela avec de vieilles scies de Rock sauf que….

Keith foire tout, n’arrive pas à se concentrer, à cause de l’enjeu, le stress, le manque de café soluble, on ne saura jamais. Le pire est que le Chuck commence à déconner et à lui montrer comment jouer ces deux putains d’accords, la seule fois où Keith a pris un cours de guitare et que le prof lui a dit de bien mettre ses doigts gourds sur le manche, le prof a eu du mal à expliquer à l’hosto comment une guitare demi-caisse classique a pu arriver là ou elle arriva…

Keith est humilié par son idole, comme une merde. Les autres musicos c’est black-out. Chuck a menacé le batteur de lui couper un bras s’il venait à rater une mesure, les mecs se mettent dans leur coin et regardent ailleurs. Keith a du mal à se tenir, regardez ce putain de regard bien noir quand, pour la énième fois, Chuck le reprend et lui montre tel à un ado un accord de base. Keith n’y croit carrément pas. A force de vouloir faire plaisir c’est l’humiliation totale genre : Oui ! Monsieur Richards vous avez gagné des millions, oui ! Vous avez les meilleures drogues, oui ! Vous avez niqué les plus belles, grâce à moi et à mon génie qui est à présent sans le sous, sans cloison nasale et avec des procès au cul pour détournement de mineures et de voyeurisme. Vengeance !

Keith mange son pain blanc, sortira le documentaire et avouera que le Chuck était plutôt difficile à manœuvrer le tout dans une langue de bois que l’on ne lui connaissait pas, tout en pensant intérieurement que c’était bien la dernière fois qu’il venait en aide à une idole, même si, et surtout si Elvis revenait sur terre.

Le Chuck poursuit gentiment sa carrière de monstre de foire avec un batteur sans bras.

 

 

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