Bono se demande jusqu’à quel point le rock est immortel
oct 24, 2009 U2, groupes celebres
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par Robert Hilburn

L’ancien critique de musique pop du Times, Robert Hilburn écrit dans son nouvel ouvrage « Corn Flakes With John Lennon (and Other Tales From a Rock ‘n’ Roll Life) » qu’après la mort de John Lennon en 1980, il s’est concentré sur les artistes qui poursuivaient la tradition de Lennon, incluant Bob Dylan, Bruce Springsteen, U2 et Kurt Cobain. Mais dans la seconde moitié de la décennie, la musique a commencé à dériver et la propagation du piratage menaçait de renverser l’industrie du disque. A la recherche de réponses sur l’avenir, Hilburn s’est entretenu avec Bono, le visionnaire d’une génération et avec Jack White, le musicien le plus captivant d’une génération plus récente.
Bono se trouvait en ville pour faire un discours dans le cadre de la Women’s Conference 2008, et c’est autour d’un petit déjeuner que nous avons parlé de U2 et pourquoi il restait une force aussi fascinante depuis autant de temps. Il a mit l’accent sur l’importance de garder ses visions sur l’art, quelque chose que lui et son groupe ont appris de Dylan, Lennon et Springsteen, entre autres.
« Bruce est probablement la seule personne au monde à comprendre comment survivre dans ce genre de vie, comment traverser tout ceci sans mourir ou marcher avec une canne ou avec un seul œil — à la façon de tous ces grands que nous avons connus et rencontrés, ces génies musicaux qui n’ont pas réussi à travers le feu », de souligner Bono. « Ils nous ont donné de la belle musique, et on les a laissé exsangues et vides. Ca fait mal au cœur. Il faut être dur, et il faut éviter d’être timide.
« Je suis certainement passé par une phase de timidité et cela vous rend horrible… Et cela peut changer la façon dont vous marchez et pensez car vous ne voulez pas laisser tomber les gens…
« Je suis bien plus reconnu maintenant que je ne l’ai jamais été, mais je ne le remarque plus. Les gens viennent vers moi tout le temps, et je ne m’en fais pas si je suis lessivé ou si je sors en rampant sur mes mains et genoux d’un night club. Le voyage d’un artiste est loin de la timidité. C’est à ce moment là qu’il faut avoir de la ténacité. Bruce en a certainement. Lennon en avait. J’en avais. C’est comme si nous étions enfermés dans quelque chose et qu’on ne le lâchera pas. Si votre drogue de choix est cette chansons que l’on n’a jamais entendue avant mais qu’on a le sentiment qu’elle a toujours existé, alors on fera n’importe quoi pour la protéger. »
Malgré la lutte qu’il souligne, Bono ne se sent pas au bout de la ligne. « C’est toujours la forme d’art la plus puissante.
Le rock a rassemblé le rythme, l’harmonie et la mélodie de choix : le rythme pour le corps, la mélodie de choix pour l’esprit et l’harmonie pour l’âme. C’est une concoction très puissante. La musique classique possède harmonie et mélodie mais elle n’avait pas le rythme. C’est pourquoi le rock ‘n’ roll l’a surpassée. »
Alors pourquoi les jeunes groupes semblent-ils autant effrayés par un vedettariat massif ou le méprisent-ils ?
« Je pense que l’une des raisons est qu’ils se méfient de la renommée qui est maintenant associée au mot ‘célébrité’ et qui est devenu oppressif dans notre société. Les groupes ne veulent pas faire partie de ce truc qui rampe vers nous tous. Mais lorsqu’ils tirent les rideaux et éteignent la lumière, ils perdent leur curiosité. Je n’ai jamais vu l’art s’améliorer du fait de quelqu’un qui ferme sa porte à double tour, éteint la lumière et se trouve un petit placard où personne ne le trouvera. Il y a quelque chose dans le feu des projecteurs qui vous maintient sur le qui-vive. » (NDLT : affûté, alerte dans le sens de réactif)
[...] (NDLT : partie Jack White)
Extrait de « Corn Flakes With John Lennon (And Other Tales From a Rock ‘n’ Roll Life) » par Robert Hilburn. Copyright ©2009 par Robert Hilburn. Autorisation garantie par Rodale Inc., Emmaus, Pa. 18098.
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