Bono parle de la tournée à 360 degrés de U2
oct 24, 2009 U2, groupes celebres
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Guest Author
par JANE STEVENSON

Bono de U2 à son arrivée à la station de radio 102.1 FM The Edge sur Younge St. à Toronto. Photo : JACK BOLAND Sun Media
A l’arrière de la SUV de Bono, centre ville de Toronto — La plupart des premiers rendez-vous amoureux impliquent un dîner et un film.
Jeudi après-midi à Toronto, Bono le chanteur leader de la formation rock irlandaise U2 passait me chercher à bord d’une étincelante Chevy Suburban noire sur Yonge St., à partir de là s’ensuivait une conversation à bâtons rompus.
OK, il ne s’agissait pas d’un rendez-vous amoureux. En fait, Bono n’était pas au volant et je me trouvais dans sa voiture bien avant lui.
Mais le scénario était que l’une des plus grandes stars de musique au monde et ses collègues de groupe tout aussi célèbres — The Edge, guitariste, Adam Clayton, bassiste et Larry Mullen Jr., batteur — venaient à peine de passer par la station de radio 102.1 The Edge, attirant des douzaines de fans pour cette apparition programmée à la dernière minute. Et c’est ainsi que je me retrouvais à converser avec le chanteur, resplendissant dans son ensemble en jean et aux lunettes aux verres fumés à l’arrière de sa voiture, en route pour le second concert donné par U2 au Rogers Centre.
Les seules autres personnes présentes à bord se résumaient à son chauffeur et à son agent de sécurité, tandis que nous filions vers le centre ville de Toronto escortés par la police.
Ah, la vie de Bono.
Nous avons discuté de la tournée actuelle du groupe à 360°, de son dernier album No Line on the Horizon, de la possibilité de non pas un mais deux nouveaux albums de U2, de David Bowie et de la signification du voyage dans l’espace.
Voici un résumé de ce qu’il avait à dire dans cette interview exclusive accordée au quotidien canadien Sun Media.
Comment s’est passé votre premier concert canadien mercredi soir au Rogers Centre ? (La seule autre date canadienne est le 28 octobre à Vancouver.)
BONO Bien, j’étais en grande forme côté voix et le groupe a très bien joué. Le son était bon en raison du toit ouvert. Je veux dire que si le toit avait été fermé nous avons une P.A. qui peut s’en arranger, mais c’était génial que d’avoir la tour CN dans le cadre de notre spectacle de lumières. Merci d’avoir contribué via cette tour à notre spectacle.
Les fans canadiens sont-ils différents de ceux d’Europe ? (Le coup d’envoi de la tournée à 360° a été donné le 30 juin à Barcelone.)
BONO Ici, nous avons toujours eu en quelque sorte ce que je qualifierais de public progressif. Ils nous autorisent à les pousser et tirer dans différentes directions car au cours des années, nous nous sommes, en quelque sort, écarté un petit peu de la route musicalement parlant, et c’est en ceci que réside le fun pour nous. Et certaines personnes, certains fans aiment U2 comme un groupe uniquement de rock and roll, d’autres comme un rassembleur de masses populaires, d’autres encore nous aiment comme une rave et enfin d’autres nous aiment comme un rallye politique. Je pense qu’au Canada, ce sont tous ces aspects qu’ils aiment chez nous.
Quelle impression avez-vous lorsque vous montez soir après soir sur cette scène vaisseau spatial massive ?
BONO Au départ, son échelle était un petit peu angoissante. Je la dessinais sur des serviettes en papier au restaurant et la construisait avec des fourchettes et autres trucs du genre. Mais lorsque l’on l’a face à soi, je dois dire que j’ai un petit peu les genoux qui tremblent.
Quelque chose en particulier, vous a-t-il surpris sur cette tournée ?
BONO J’ai déjà vécu quelques expériences hors de mon corps sur la route, ce qui me rappelle que je me vois plus comme un portier que comme un shaman. Je pense vraiment qu’il y a de la magie dans la musique que nous ne comprenons pas vraiment. Des moments où les chansons vous aspirent dans un endroit où, et ça semble prétentieux, mais où ce n’est pas tant vous qui chantez la chanson mais où l’on a le sentiment que c’est la chanson qui vous chante — et lorsque cela arrive, je suis stupéfait.
Pensiez-vous prendre un risque en jouant autant du nouveau matériel de No Line on the Horizon (coproduit par Daniel Lanois et Brian Eno) au début de votre spectacle en live, étant donné que cet album n’a produit aucun vrai tube ?
BONO J’adore les tubes, j’adore les 45 tours, ils sont un frisson mais notre première responsabilité envers cet album était de faire un album extraordinaire. Nous voulions faire un album comme s’il s’agissait d’une espèce en voie de disparition, presque un instinct de l’espèce. Nous nous sommes dit : ‘Faisons un album avec un commencement, une suite et une fin, et emmenons les gens dans un monde’, et ainsi ça a été notre première chose … de seulement nous mettre au défi ainsi que notre public, et en cela c’est une réussite. Et peut-être que dans cet état d’esprit, on n’écrit pas une chanson pop, et c’est probablement ce qui s’est passé. Mais ce sont de belles chansons, ce ne sont juste pas des chansons pop.
Où en êtes-vous de votre second album plus ambiant qui sortira des sessions d’enregistrement avec Lanois-Eno sessions, au titre provisoire de Songs of Ascent, et ensuite des sessions précédentes avec Rick Rubin ?
BONO Nous avons quelques albums dans notre manche. Nous avons tout un album que nous avions commencé avec Rick Rubin, très rock avec des beats et de grosses guitares et j’ai hâte d’y revenir. Aussi, nous allons voir où notre humeur nous emmènera. Mais ce n’est pas comme si nous devions repartir de rien. Nous avons cinq ou six chansons sur cet album. Nous en avons près de douze sur Songs of Ascent, et The Edge et moi-même avons écrit Spiderman : The Musical — c’est presque fini. Ca a été une période extraordinaire en tant que songwriters … si vous devez prendre la route, il faut que les chansons aient l’attitude et l’ambition pour être jouées dans des venues telles que (le Rogers Centre), parce que si elles ne les ont pas, vous n’allez pas les jouer bien que nous aimions que les gens soient un petit peu surpris, nous n’allons pas pour autant donner un concert de m…. simplement pour promouvoir notre nouvel album. Aussi, faut-il qu’elles soient belles.
Mercredi soir, sur la scène du Rogers, vous avez conclu le spectacle en disant : « Nous ne faisons que commencer. » Que vouliez-vous dire par là, si l’on considère que votre premier disque est sorti en 1980 ?
BONO Le jeu, la seule pure musicalité, est loin devant. Et une partie de ma voix lorsque je chante. Je n’avais jamais entendu pareille voix. Cette voix ne m’est venue que récemment au cours de ces cinq dernières années. Par exemple, je n’aurais pas été en mesure de vous parler avant un concert. Ainsi le songwriting s’assemble et il y a encore des morceaux qui manquent, mais c’est notre moment, ça viendra. Je pense que ça doit être notre moment, surtout si ces albums sortent rapidement, puis en jetant un regard en arrière sur cette période, peut-être la période la plus fertile de notre groupe. C’est inhabituel pour un groupe de rock and roll, mais nous ne sommes pas vraiment un groupe de rock and roll. J’ignore ce que nous sommes. Je dis toujours que nous sommes le groupe folk le plus bruyant au monde. J’ai fait de nombreuses tentatives pour essayer et expliquer, mais nous ne sommes pas cette idée standard sur laquelle se base la culture jeune et … tous les clichés de vivre à 100 à l’heure pour mourir jeune. Je veux dire, les années 1960 c’est fini, j’espère.
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