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“It Might Get Loud” avec Jimmy Page, The Edge et Jack White : réalisteur Davis Guggenheim


Photo : Trois générations de guitaristes (de gauche à droite) Jack White, The Edge et Jimmy Page

par Jim Fusilli

Dans la foulée de son documentaire récompensé par un Oscar “An Inconvenient Truth” (une vérité qui dérange) Davis Guggenheim revient avec “It Might Get Loud”, un documentaire qui, en surface, semble traiter de Jimmy Page, the Edge, Jack White et de leurs guitares. Mais c’est également le processus créatif, l’engagement que requièrent l’excellence et le développement du rock et du blues, entre autres sujets. Ce film contient des extraits de plus de cinquante titres, incluant des performances de Led Zeppelin, U2 et des White Stripes ainsi que de nouvelles jam sessions et des images d’archives révélatrices. Pour plus d’info. Rendez-vous.

Guggenheim vit près de Los Angeles avec son épouse, l’actrice Elisabeth Shue, et leurs trois enfants. Lorsque nous nous sommes entretenus, il bossait à son prochain documentaire portant sur le système scolaire public de notre pays.

The Wall Street Journal : Etait-ce dès le début Page, the Edge et White qui allaient jouer dans votre documentaire ?

Nous ne voulions pas faire une encyclopédie de que. Ca aurait été une vraie tragédie – une minute sur Hendrix, une minute sur Clapton et ainsi de suite. Nous avons décidé de lancer l’idée et d’en choisir trois extrêmement différents. Ils s’exprimeraient au nom de tous. Ils avaient la capacité d’exprimer ce que signifie être un artiste.

Il y avait une dynamique intéressante en marche. White était clairement influencé par Page et pourtant sembler rejeter l’usage de la technologie par Edge pour améliorer ses performances sonores.

En fait, il me fallait rendre cela plus subtile. J’étais avec le technicien guitare de Jack lorsque le matos d’Edge a commencé à arriver. Celui de Jack consistait en deux guitares, un ampli et des câbles, le matos d’Edge est arrive à bord d’un camion.
Il a fallu une journée pour installer tout ça. Les guitares de Jack, on peut les acheter au mont de piété et pour celles d’Edge, on doit se rendre dans tous les magasins d’électronique et trouver LE mec qui saura les brancher. Jack parle d’attitude (NDLT : sous entendu qu’il se la joue). Edge tient plus du scientifique. Et la guitare n’est seulement que le commencement de ce qu’il fait.

Puis-je mentionner quelques uns de mes passages préférés ? La réaction de Page lorsqu’il écoute “Rumble” de Link Wray.

Selon moi c’est le genre de moment pour nous avec Jimmy. Dans n’importe quel documentaire, on travaille pour en arriver au point où une personne nous fait suffisamment confiance pour s’ouvrir. Parfois, ça n’arrive jamais. A cet instant, j’ai su que Jimmy y était. Pour ce mec illusoire, très réservé, c’était un miracle. Je jouais de la guitare imaginaire pour Jimmy Page et à présent je le regardais en jouer pour moi. Son esprit traversait.

Cette petit jam session des trois sur “I Will Follow” de U2

Jimmy essaie de bouger sa jambe mais c’est un titre punk. Il ne possède pas ce groove. Ca ne se calcule pas. Edge joue ce morceau depuis 1987. Jimmy est un peu comme : “Are you sure about that C ?” (NDLT : chez nos amis anglo-saxons les notes de musique ne sont pas des do, ré, mi… mais des A, B, C…). Ce qui est merveilleux c’est de voir qu’ils sont un mystère l’un pour l’autre.

L’expression sur les visage de White et the Edge lorsque Page joue l’intro de “Whole Lotta Love.”

Ils bavardaient et c’était un peu une sorte de mondanité. Vous savez : “Quels genres de cordes utilises-tu ?” Ce genre de trucs. Sans qu’on s’y attende, Jimmy prend sa guitare et joue “Whole Lotta Love.” Edge commence à avancer vers lui comme s’il s’avançait vers le Graal sacré.

Saviez-vous combien ces musiciens avaient travaillé dur pour en arriver où ils sont aujourd’hui ?

C’est ma prise. Les musiciens sont les artistes ultimes. Ils tirent sur cette chose inconnue magique et créent une chanson à partir de rien. Je pensais qu’ils étaient nés différents ou qu’ils avaient reçu de la poudre magique en don à leur naissance. Mais ils sont tellement acharnés. Le don est une partie tellement infime comparé à ce qui les anime.

Des moments qui vous ont rappelé lorsque vous étiez fan enfant ?

Quelque chose m’attire dans les mécanismes de la créativité. J’ai demandé à Edge, “Comment faites-vous pour écrire ?” Il m’a répondu : “Nous avions un enregistreur quatre pistes TEAC.” Son assistant est entré avec quatre boîtes de cassettes. Edge ne les avais pas écouté depuis leur enregistrement. En avance rapide, on entend l’évolution des chansons au travers de la guitare. Avant je croyais que Bono entrait et disait : “OK, elle s’appelle ‘The Street Has No Name.’” Mais là c’est le cœur et l’âme de la chanson avant que quiconque ne soit arrivé.

La meilleure citation est de Jack. Après que je lui ai projeté le documentaire, il a dit que la guitare est le MacGuffin (NDLT : l’élément moteur). Il a dit : “Enlevons la guitare et ce film et il en aura toujours la résonance créative.”

Jouez-vous de la guitare ?

Quand il n’y a personne dans les parages. Je suis un guitariste minable. J’ai une Kay, la même guitare dont joue Jack. Mon fils possède une Fender Stratocaster, ma femme une guitare acoustique. Ce n’est pas une Martin, mais c’est une bonne guitare.

(NDLT : je suis soulagée de lire que Davis Guggenheim va s’en tenir aux documentaires, j’ai vu hier soir le pilote de Melrose Place version 2009 – qu’il a produit et réalisé… et c’était accablant… peut-être était-ce aussi un peu dû au scénario vraiment nul !)

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